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Tales of Arise : de nouvelles bases

Cela fait cinq ans que le dernier épisode en date est sorti sur PlayStation 4. Techniquement daté pour l’époque, Tales of Berseria avait étonné sur le fond, les personnages tranchaient avec nos habitudes sur la série. Ont-ils transformé l’essai ici, ou sont-ils revenus aux traditions ?

Au bout de la vallée on entendait le son d’une corne

La première chose qui nous sautera aux yeux est enfin l’arrivée d’un nouveau moteur 3D, il faut dire qu’ils utilisaient un vieux moteur maison programmé pour la PlayStation 3, une machine qui date de 2006. Il était plus que temps de passer à la modernité et à l’Unreal Engine 4. Le travail abattu est impressionnant, la direction artistique sur l’environnement est fabuleuse. Grâce au rendu très particulier, on a l’impression de progresser dans des tableaux de maître. On est littéralement happé par les décors, mais cela se fera au prix d’une exigence de puissance des machines. Nous avons pu le tester sur différentes consoles et la version Xbox one fat fait peine à voir, vous êtes prévenus. Les personnages quant à eux restent dans la même lignée que les précédents volets, même si on notera le départ de Kôsuke Fujishima le pilier du character design depuis le premier Tales of.

Si on bénéficie des excellents services de Motoï Sakuraba pour la musique, il faut avouer qu’elles sont très mal utilisées. L’accent a été mis sur l’épique, pourtant les compositions sont régulièrement mal utilisées. On se retrouve souvent avec des envolées dignes des plus grands opéra, pour parler cuisine, pêche ou de banalités. On notera qu’elles soutiennent bien l’action qui représente tout de même 80% de la durée de vie du titre. Quoi qu’il en soit, le mot qui qualifie le mieux les musiques sur le titre est : oubliable.

De férocité extrême en plus d’acharnement

On est en présence d’un JRPG au système de combat en temps réel, ce qui se manifeste par des rencontres pas du tout aléatoires et l’apparition d’arènes une fois celles-ci lancées. Au cours de ces affrontements, on nous demande d’appuyer sur les boutons au bon moment avec un système « d’assiste », qui, s’il n’est pas original, est au moins efficace. On fera monter une jauge qui permettra d’utiliser des sortes de « furies » afin  d’assener plus de dégâts. Il s’agit là d’une évolution logique et bienvenue d’un système que l’on qualifiait de brouillon à l’époque de Berseria. Par contre, il est devenu plus routinier, on sera donc tenté de laisser l’IA tout gérer à notre place. Si l’envie vous en prend sachez qu’il existe deux niveaux de difficulté au-delà du normal, ce qui vous obligera à être aux aguets pendant tous les combats.

La structure des environnements est simple, mais efficace, on alterne les couloirs en extérieurs et en intérieur. À aucun moment on ne sera perdu et cette structure linéaire ne devrait pas effrayer les joueurs qui, en 2021, sont trop habitués à des mondes aussi ouverts que vides. Ici tout fourmille de détails, n’y a rien d’inutile. Le sentiment d’exploration est agréable et rares sont les RPG à y parvenir.

L’évolution des personnages est intéressante et ne se fera pas de manière linéaire au fil des rencontres. Les Quêtes annexes auront aussi une importance dans le développement en permettant d’avoir des points de compétence supplémentaires que l’on dépensera à loisir dans des cercles de compétence qui se débloqueront en fonction de nos actions. Justement, elles seront nombreuses ! Entre la pêche, l’élevage, la cuisine ou encore la fabrication, on est servi. Tales of Arise promet des dizaines d’heures pour le compléter, une quarantaine en ligne droite et une cinquantaine quand on s’implique dans les activités. On remarquera aussi un fourmillement de quêtes annexes et de lieux cachés. Le titre donne des envies de platine tant il foisonne de secrets.

À la limite du règne du mal et de la haine

Avec toutes les qualités que l’on a pu relever plus haut, il est dommage de constater que le scénario du jeu soit des plus banals. On se retrouve avec une équipe de héros de type « personnage fonction » : le héros amnésique, la « tsundere », le vieux briscard, le traitre, la tank… Ils servent une narration des plus convenue, il n’y a pas un seul retournement que l’on n’arrive pas à deviner des heures en avance. On a l’impression que les scénaristes avaient une liste avec des cases à cocher pour être au plus près du Shonen et vous l’avez deviné, ils les ont toutes biffés.

L’écriture en a aussi pâti avec des dialogues à rallonges, développant ad nauseam des personnages qui n’avaient pas besoin d’autant. Les saynètes censées décrire des situations du quotidien se sont multipliées au point de récompenser ceux qui en auraient vu plus de trois cents avec un trophée, cela ne les rend pas plus intéressantes pour autant. Certains moments sont même gênants tant l’écriture est enfantine. Pour les moins sensible au shonen vous pourrez évidement passer tous les dialogues. On se rattrapera sur la possibilité de personnaliser le visuel de ses personnages grâce aux DLC ou aux objets glanés avec les chouettes. Le doublage anglais est aussi d’une grande qualité, en bénéficiant d’un soin tout particulier ; notez que vous aurez le choix avec le japonais.

Mais telle était la fierté de toute la tribu

Ce n’est pas la révolution que certains ont chantée, mais il n’en reste pas moins un titre d’une grande qualité qui se parcourt avec plaisir et dont chaque instant se savoure ; le rythme est savamment dosé et les combats sont une réussite absolue. Le seul vrai point qui fâche est le manque de prise de risque du récit. Qu’il soit un shonen, c’est un fait, mais pour le genre, il reste très fade. Maintenant que la technique et le jeu sont maitrisés, espérons que le reste suivra sur les prochains épisodes.

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Dataripper

Rédacteur en chef à ses heures, ce maitre rôliste 3e Dan distille la bienveillance nécessaire au bien-être du groupe. Jamais avare d’un bon mot, il dégaine sa plume.

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