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Potion Permit, une formule qui marche

Les jeux de rôle avec simulation qu’ils soient en pixel art ou non, ont la côte depuis quelques années. On pense notamment à Stardew Valley, Rune factory, Cozy Grove, Don’t Starve ou dernièrement le magnifique Cult of the Lamb. Tous ces titres bénéficient désormais d’une communauté solide et sont considérés comme des incontournables du genre. Si on y regarde d’un peu plus près, ils ont des points communs qui les lient par leurs types de jeu, mais ils ont également une petite particularité qui les différencie de la masse et c’est pour cela qu’ils se retrouvent sur le haut du panier. Aujourd’hui nous allons nous intéresser à Potion Permit qui pourrait bien rejoindre les hits cités plus haut avec ses allures de Stardew et ses airs de la série des Atelier, car même si ce n’est pas un alchimiste à proprement parler que nous incarnons dans ce jeu, il s’agit tout de même d’un apothicaire qui prépare des potions avec des ingrédients récupérés dans la nature et sur les monstres. Vous êtes arrivés en gare de Moonbury, attention terminus, tout le monde descend.

Moonbury, un accueil, deux ambiances

Envoyés par l’association médicale depuis la capitale, lorsque nous arrivons à la ville de Moonbury, qui est située sur une île, nous sommes accueillis par Monsieur le Maire et sa femme. Ce sont eux qui nous ont fait venir de si loin, car leur fille est très malade. Nous sommes présentés immédiatement à quelques habitants du village et autant vous le dire tout de suite, on a vu mieux comme accueil ! Ici les gens n’aiment clairement pas les apothicaires et ne pensaient pas revoir quelqu’un de la capitale de sitôt. Nous apprenons donc qu’il y a déjà eu « quelques incidents » dans le coin avec l’Association médicale et les apothicaires. Une fois notre bicoque délabrée attribuée le temps de trouver un remède, nous pouvons nous reposer de notre voyage. Le lendemain matin, Meyer vient nous trouver et nous invite à nous présenter à d’autres habitants. Comme dans tout bon jeu de simulation, nous disposons dès le début, d’un marteau, d’une faucille et d’une hache, tous d’occasion et de piètre qualité offerts par le garde forestier du coin. Utiliser ces outils nous coûte de l’endurance. Lorsque notre niveau est trop faible, nous ne pouvons plus les utiliser et notre vitesse de course diminue. Heureusement, manger des ressources récoltées, des plats cuisinés, aller prendre un bain ou encore dormir, fait remonter le compteur. Après nous avoir offert son cadeau, Forrest, le garde forestier, nous demande de ramasser quelques herbes et il en profite pour nous expliquer qu’un évènement du passé causé par une personne de la capitale a décimé quasi toute la flore du coin. Voici donc notre première tâche, collecter du basilic, du jasmin et des marguerites. Une fois notre mission accomplie, Forrest nous envoie querir Xiao, l’assistant du maire. Ce dernier nous présente à son tour, Cœur-de-rune la forgeronne et lui demande de réparer le chaudron délabré qui trône chez nous. Nous pouvons enfin préparer nos premières potions et commencer à regagner la confiance des habitants de Moonbury.  Fabriquer nos mixtures d’apothicaire se déroule de la façon suivante : pour chaque recette de potion, nous avons à disposition une forme de puzzle à remplir en se connectant à notre chaudron. Les pièces du puzzle sont représentées par les ingrédients que nous avons collectés et se matérialisent sous la forme de tetramino. Bien évidemment le chaudron est évolutif et la quantité maximale d’ingrédients qu’il est possible d’utiliser pour mettre à profit notre savoir-faire, évoluera avec le temps.  Voilà où se trouve le casse-tête pour fabriquer nos potions ; c’est frais et fort sympathique. Enfin, en concoctant plusieurs fois la même recette de potion, il est possible de l’enregistrer avec le nombre et la dernière disposition de nos ressources. Fonction très pratique qui évitera de nous casser la tête à chaque fois pour placer les bonnes pièces dans le bon sens et qui permettra également d’optimiser les ressources utilisées. Rapidement les choses s’enchainent. La fille du maire est transportée à la clinique qui se trouve juste à côté de notre maison et nous devons l’ausculter, ce qui ne plait pas vraiment au guérisseur du coin. Diagnostiquer un patient se passe au travers de divers mini-jeu de rythme, de mémoire ou de réflexes. Si nous appuyons sur la mauvaise commande ou alors au mauvais moment, notre jauge de progression redescendra et suivant notre performance finale le patient sera plus ou moins satisfait de notre travail. Nous diagnostiquons donc la maladie du Vers Solaire au niveau de la gorge de Rue, la fille du maire. Après un débat houleux avec le guérisseur, le maire tranche et nous autorise à fabriquer puis administrer une potion à sa fille. Nous nous exécutons, et la petite fille est sauvée. Le lendemain matin le comité scientifique de la capitale qui nous avait envoyés en mission sur l’île nous attend à la mairie. Le maire leur demande la permission de nous garder plus longtemps afin que nous puissions les faire bénéficier de notre savoir et renouer les liens entre les deux villes. Marché conclu, nous avons la permission officielle de résider et travailler à Moonbury ! À partir de maintenant nous devrons maintenir un climat de confiance avec les villageois. Une icône pouce vers le haut ou vers le bas nous donnera la tendance sur notre réputation. Nous serons traités différemment suivant notre entente avec eux ; il va de soi que les diagnostiquer et les soigner correctement aidera énormément.

Quelques tâches et différents biomes

Dans Potion Permit, nous nous levons à six heures et si nous ne dormons pas le lendemain avant deux heures du matin, nous tombons dans les pommes pour se réveiller que le lendemain midi. Tout au long de journée, pas le temps de niaiser, tout un tas de choses à faire ne nous permettent pas de nous ennuyer. Tout d’abord il faudra prendre soin de la trentaine d’habitants du village. Au fur et à mesure du temps passé sur le jeu, nous apprenons à les connaitre et nous nous attachons à eux. Comme d’habitude dans ce genre de jeux, chacun a son histoire, ses problèmes et pas que de santé. Chaque fois que nous rendons un service ou soignons quelqu’un, une jauge de relation sociale propre à chacun se remplit. Lorsqu’elle est complète, la jauge se verrouille et il faudra déclencher un événement pour passer à la jauge suivante. Ainsi, plusieurs niveaux sont à atteindre avec chacun des villageois pour finalement atteindre un niveau d’amitié solide et faire grandir sa réputation globale qui nous permet d’obtenir des badges de reconnaissance. Parfois certains habitants vous demanderont de régler des problèmes ponctuels en vous demandant si une potion peut faire ceci cela ; couper la fringale, être plus fort, aider à s’endormir ou effacer ses angoisses.

Plusieurs zones autour du village ne sont pas accessibles dès le début du jeu pour diverses raisons ; téléphérique en panne, un geyser provoqué par un tuyau défaillant nous empêchant de passer ou encore un éboulement à dégager, bloquant l’accès à une partie de la forêt. Chaque zone pourra être débloquée au fur et à mesure que nous obtiendrons des badges et bien entendu, chacune d’elle représentera un biome différent, avec des ressources propres nous permettant de récolter toujours plus afin de fabriquer toujours plus de potions. Enfin, chaque écosystème aura sa quête principale qui nous permettra de savoir pourquoi les villageois détestent tant les apothicaires et surtout de comprendre ce qu’il s’est réellement passé.

Toujours plus

En dehors de la quête principale, beaucoup de quêtes secondaires. Certaines de ces demandes permettent d’en apprendre toujours plus sur les habitants, d’autres permettent de faire évoluer nos outils ou notre nid douillet. Ainsi, en progressant dans le jeu, nous avons pu faire évoluer notre chaudron, agrandir notre maison et la meubler. Nous avons même pu bénéficier d’une cuisine afin de pouvoir y préparer des plats issus de recettes que nous avons récoltés, toujours en utilisant des ressources que nous avons récupérées. En dehors des quêtes, il est possible une fois par jour d’effectuer un travail à temps partiel. Il est donc possible de passer notre temps libre en travaillant deux heures pour le bureau de poste, le commissariat ou l’église et recevoir des récompenses. Cela se traduit par un mini-jeu de rapidité où il faut appuyer sur les bons boutons.

Adieu Vivaldi, vive la simplicité !

Dans potion Permit il n’y a pas de notion de calendrier avec les mois ou les saisons, il y a uniquement les jours de la semaine qui sont pris en compte pour les évènements et les quêtes. Pas non plus de champs à cultiver. D’autre part, il est possible d’offrir des cadeaux aux habitants que nous gagnons en rendant des services ou en soignant des malades. Là encore, à l’inverse d’autres jeux, les cadeaux sont lambdas et s’offrent à n’importe qui ; pas besoin d’étudier et d’apprendre les gouts de chacun pour sociabiliser. Cela allège grandement le système sans pour autant négliger l’histoire des PNJ, un vrai bonheur !

Pixel del arte

Potion Permit est très agréable à l’œil avec un pixel art assez soigné. Évidemment, pour ce jeu indépendant nous ne sommes pas dans la HD-2D, mais cela reste quand même très sympathique. Les décors sont travaillés et soignés, le village évolue au fur et à mesure que nous aidons les villageois et en extérieur, même si cela reste des décors classiques, les écosystèmes et les monstres associés sont aussi de qualité. Nous retrouvons une forêt, des montagnes enneigées et une steppe aride. Du côté de la bande-son, c’est doux et reposant, même si ce n’est rien d’extraordinaire et qu’il n’y a pas beaucoup de pistes, cela fait le job. Le jeu tourne plutôt bien sur Nintendo Switch que ce soit en docké ou en nomade, mais il est important de vous signifier ce qui suit. Au moment où nous avons reçu notre version du jeu pour le test, nous avons rencontré un bug majeur qui a bloqué notre progression. En discutant avec l’équipe du jeu sur leur serveur discord, nous avons pu signifier l’anomalie et le jeu a été mis à jour en v1.0.2 très rapidement. Néanmoins, à l’heure où nous écrivons cet article quelques bugs subsistent, nuisant à la qualité de vie. Téléportations impossibles par moments, nom de PNJ remplacé par un « / », freeze lors d’une session de pêche, jour de la semaine non mise à jour lors d’un évanouissement. En plus de cela, d’autres éléments classiques d’ergonomie dans les menus n’ont pas étés mis en place, par exemple, avoir connaissance de son budget lorsque nous effectuons un achat ou encore pouvoir sélectionner un point de téléportation sur un menu déroulant au lieu de déplacer le pointeur sur la map, à la vitesse d’une tortue malade. Espérons que des mises à jour soient prévues le jour de la sortie ou peu de temps après afin que l’expérience de jeu ne soit pas gâchée.

Alors cette potion ?

A la croisée d’un jeu Atelier et Stardew Valley, Potion Permit est un très bon jeu qui saura satisfaire tous les amateurs du genre. Malgré quelques bugs au moment où nous écrivons ces lignes, nous avons de très bons moments sur plusieurs dizaines d’heures à récolter, créer, diagnostiquer, soigner afin de regagner la confiance d’un village qui n’avait plus vraiment foi en la médecine moderne. Sa direction artistique en pixel art et son système de puzzles et mini-jeux pour réaliser nos actions apporte de la fraicheur au genre tout en gardant un aspect conservateur avec ses explorations et son minage. Cerise sur le gâteau, le jeu est intégralement traduit en français. Potion Permit est donc un très bon titre qui arrive à point nommé pour commencer à rester un peu plus chez soi avec l’arrivée de l’automne.

Note : 4/5

Obtention de la copie : Copie presse fournie par la relation presse de l’éditeur

Éditeur/développeur : PQube Limited / MassHive Media

Machines : Testé sur Nintendo Switch, sortie PC, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series S/X

Prix conseillé : 19€99 sur Nintendo eshop.

Version physique disponible : oui

Metacritic : NC à date

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LeKabuki76

Joueur depuis la Nintendo Entertainement System, je n'ai jamais laché les manettes de la Firme Japonaise depuis 35ans.

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