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Elden Ring, le renouveau tant attendu de From Software

Sorti en grande pompe le vendredi 25 février 2022 aussi bien sur Pc que sur les consoles de Microsoft et de Sony, le dernier rejeton de From Software, ce studio japonais aux jeux universellement réputés pour leur difficulté qui fait parfois scandale, Elden Ring était attendu de pied ferme.

Acclamé par les fans des ‘Souls’ comme le messie et futur jeu de l’année, mais aussi convoité par les novices du genre, ce nouvel action-rpg en monde ouvert a beaucoup attiré l’attention et fait parler les curieux. Il a également fait ressortir sur le tapis le fameux débat sur l’absence de mode facile des jeux du genre…

Mais ce qui nous importe à nous, la régwaktion, c’est de vous partager notre avis et notre ressenti le plus honnête sur ce jeu qui compte parmi les mastodontes les plus désirés de l’année.

Est-il à la hauteur de nos attentes ? Est-il accessible aux néophytes des productions de From Software ? A-t-il ses chances d’être notre GOTY ? Si ce sont les questions que vous vous posez, vous avez cliqué sur le bon article.

Elden Ring, la nouvelle maladie !

Ce qui nous frappe en premier avec Elden Ring, c’est sa direction artistique tout simplement époustouflante ! Ça ne fait certes pas tout, mais le jeu est somptueux. Avec des décors suffisamment variés, malgré la répétitivité des environnements caverneux des petits donjons annexes, Elden Ring nous offre de sublimes panoramas devant lesquels s’extasier. Derrière son univers pourtant mature et obscur, le jeu se permet même d’être étonnement coloré, avec des teintes parfois pastel très douces, comparé à ses prédécesseurs, beaucoup plus sombres.

Pour ce qui est de la musique et du doublage des pnjs, ils s’avèrent toujours autant de qualité qu’à l’accoutumée ; rien de surprenant de la part de From Software.

Le scénario, quant à lui, est cryptique à souhait. Mais il se dévoile à ceux qui s’y intéressent de près et se révèle être bien plus profond qu’il n’en avait peut-être l’air sous son objectif somme toute simpliste : tuer tous les boss pour récupérer leur fragment afin de restaurer l’anneau d’Elden et s’emparer du trône.

Enfin, quelques mécaniques, vraisemblablement héritées des anciens jeux du studio japonais, sont revisitées et réadaptées dans Elden Ring, pour le plus grand plaisir des fans.

Mais ce qui change ici, par rapport aux autres productions du studio, c’est évidemment ce vaste monde ouvert. En effet, cela donne un nouveau souffle à la formule, qui fonctionnait pourtant déjà très bien jusqu’ici. Elden Ring offre un sentiment de liberté réellement grisant qui nous donne envie de tout explorer et nous empêche d’être bloqués où que ce soit. Si nous éprouvons la moindre difficulté dans une région ou contre un boss, nous sommes libres d’aller voir ailleurs et de revenir plus forts.

Si ce n’est quelques défauts discutables, le royaume de l’Entre-Terre est extrêmement bien maîtrisé, pour un premier vrai monde ouvert. Le level-design, pierre angulaire des “Souls”, est là encore travaillé avec brio. L’accent mis sur l’exploration et la découverte est davantage prononcé dans Elden Ring que dans un Dark Souls ou un Sekiro. C’est un pur régal pour les plus fouineurs d’entre nous ; d’autant plus que le joueur est presque toujours récompensé pour sa curiosité. Le courage du joueur est également gratifié, notamment avec la possibilité de restaurer toutes ses fioles en tuant un groupe de mobs. Dans un monde aussi étendu, c’est une très bonne idée, car c’est bien pratique et ça pousse le joueur à opter pour la confrontation plutôt que la fuite. (Et puis, entre nous, très franchement, vive les fioles de soin qui restent à un nombre fixe ! Devoir farmer les herbes médicinales dans Demon’s Souls et les potions de sang dans Bloodborne… quelle plaie !)

Où que vous alliez en Entre-Terre, vous croiserez la route de personnages, tous plus charismatiques et énigmatiques les uns que les autres. Il est possible que vous en manquiez certains, tant il y en a un peu partout, plus ou moins caché. La plupart d’entre eux auront une suite de quête à vous soumettre et celles-ci sont très intéressantes à faire. Bien que ces quêtes soient toutes entremêlées, certaines s’opposent les unes aux autres et il s’avère hélas impossible de toutes les compléter en une même partie. Fort heureusement, le jeu promet une grosse rejouabilité ! Elden Ring propose un large éventail de possibilités de construction de personnages, plusieurs classes à essayer, au moins six fins et vous pourrez effectuer les quêtes que vous n’aviez pas pu conclure sur d’autres parties. On peut aussi noter qu’il y a eu un gros travail de fait sur la magie, ce qui donne très envie de s’y frotter, alors même qu’on a une passion sanguinaire pour le combat rapproché. Sans oublier, bien sûr, que le jeu aura très certainement droit à des extensions, dans un avenir proche.

Outre le monde ouvert d’Elden Ring, quelques ajouts inhérents au gameplay sont à noter, tels que les cendres de guerre et cendres d’esprit. Sans doute issues, en quelque sorte, des outils de Shinobi et de l’arbre de talent de Sekiro, ces cendres sont un énorme atout pour le joueur ! Libre à chacun d’en faire usage, bien évidemment, mais il serait dommage de s’en priver.

Malgré l’exigence évidente du titre, Elden Ring s’avère plutôt accessible pour les adeptes du genre, tout comme pour les néophytes qui se sont aventurés nombreux en Entre-Terre. Il y a plusieurs moyens pour s’en sortir ou se faciliter la tâche, que ce soit en allant farmer les runes pour prendre des niveaux et améliorer ses statistiques, en usant des cendres d’invocations, en s’équipant d’une arme ou d’un sort complètement abusé(e), ou en s’alliant avec des pnjs pouvant se battre à nos côtés. La possibilité d’invoquer d’autres joueurs pour s’aider ou simplement s’amuser à plusieurs, sans pour autant se gâcher le plaisir ni se dispenser des honneurs de la victoire, est à la portée de chacun. De même que proposer sa marque aux autres joueurs afin de leur venir en aide dans leur partie est une belle initiative. Comme quoi, au sein de cette communauté soi-disant élitiste, beaucoup de joueurs sont en réalité bienveillants.

Attention toutefois, contrairement à ce que prétendent certaines mauvaises langues, invoquer un joueur sur un boss n’assure pas forcément la victoire du premier coup. En fonction du nombre de joueurs présents dans son arène, le boss va multiplier ses points de vie ainsi que ses dégâts pour faire davantage le poids face à ses adversaires. Jouer à plusieurs est donc à double tranchant.

Le plus surprenant, en réalité, c’est le pouvoir qu’exerce ce jeu sur nous. On ne s’en rend peut-être pas compte immédiatement, mais peu à peu, une fois happé par le jeu, cela devient une obsession. On veut jouer à Elden Ring tout le temps, jour et nuit. On ne veut plus jouer à autre chose qu’à Elden Ring. Ne pas jouer à Elden Ring pendant plus de deux jours peut rendre quelque peu à fleur de peau et provoquer des démangeaisons aux poignets. On a besoin de notre dose, hahaha ! Vous l’aurez compris, ce jeu est extrêmement addictif.

On l’aime ou on le déteste.

(Parfois un peu les deux)

Une fois plongé dans l’immersion d’Elden Ring et pris dans la spirale de l’addiction, on le trouve, à juste titre, phénoménal. Cependant, le jeu comporte tout de même des défauts évidents. Par moments, ces défauts pourraient presque nous faire détester d’y jouer ou nous donner envie d’abandonner. Pour autant, on ne saurait expliquer pourquoi, mais on n’a pas réellement envie de lâcher prise et on aimerait bien fermer les yeux sur ces petites failles qui nous chiffonnent.

Il y a, bien entendu, sa difficulté qui nous punit et qui nous fait parfois bougonner. Certains boss peuvent parfois nous faire perdre les pédales. Perdre plusieurs dizaines de milliers ou centaines de milliers de runes peut nous irriter un peu. Mais tout cela ne constitue pas un véritable défaut du jeu. C’est à nous, joueurs, de mieux appréhender les choses, de mieux nous préparer, d’être plus attentifs ou réactifs. C’est à nous de devenir meilleurs, tout simplement. C’est l’idéologie même de ces jeux-là : prendre le temps, apprendre de nos erreurs, se surpasser et devenir toujours meilleurs.

Le défaut majeur que nous reprochons à Elden Ring, c’est tout le recyclage qu’il fait çà et là. On a droit à des zones déjà vues dans les précédentes productions du studio, à des mobs tout droit sortis de Dark Souls, à certains patterns ennemis complètement pompés, ou carrément à des boss identiques à ceux d’autres jeux de From Software. Mais surtout, en dehors du recopiage sur ses aînés, Elden Ring se copie et se recycle lui-même en nous re-balançant sans vergogne les mêmes boss à plusieurs reprises. C’est franchement dommage de constater de cette répétitivité et ce manque d’inventivité, tandis qu’avec l’univers qui l’entoure, il y aurait eu matière à créer d’autres créatures inédites !

On peut, une fois ou deux, être amusé, en tant que fan, de repérer ces énormes clins d’œil en ayant les références. Mais c’est objectivement un peu lassant de retrouver tout ça dans ce nouveau jeu qu’est Elden Ring. Alors est-ce de la fainéantise ou un manque d’imagination de la part des développeurs ? Nous l’ignorons. Mais ce qui est certain, c’est que c’est vraiment décevant, quand on connaît l’imaginaire débordant de Hidetaka Miyazaki.

Un autre point faible du jeu, c’est son système de combat à cheval. C’est certes bien pratique de rester à dos de monture, pour affronter certains adversaires tout en gardant ses distances et en ayant une mobilité ainsi qu’une rapidité bienvenues. Mais la maniabilité de ces combats est un peu grotesque. Parfois, on est complètement sur l’ennemi, on le roue de coups, mais nos attaques ne le touchent mystérieusement pas. C’est une horreur, tant c’est malheureusement imprécis ! D’autant plus qu’à cheval, nous ne pouvons pas nous protéger des assauts adverses à l’aide d’un bouclier, tandis que la plupart des cavaliers ennemis, eux, le peuvent. De même qu’être à cheval nous prive de l’utilisation des techniques spéciales de nos armes à deux mains ainsi que de l’invocation d’esprits ou de joueurs.

D’ailleurs, notre monture, Torrent, s’avère très efficace pour accéder à certaines hauteurs pour y récupérer des objets inaccessibles à pieds ou pour emprunter des raccourcis très dangereux. Mais c’est aussi une vraie savonnette qui glisse aisément à la moindre occasion, nous entraînant bien souvent vers une mort certaine. Comme quoi, les phases de plateforme et From Software, ce n’est pas encore tout à fait une histoire d’amour, haha !

Pour ce qui est du multijoueur, il nous faut souligner que les serveurs laissent clairement à désirer. C’est tout aussi mal entretenu qu’à l’époque de Dark Souls 3 en 2016. Or, nous sommes actuellement en 2022 et ce n’est pas le premier coup d’essai de From Software avec le multijoueur ! La possibilité d’invoquer un joueur allié dans un Souls ne date pas d’hier. Même avec un mot de passe commun, on galère trop souvent à s’invoquer. En sachant que, sur PlayStation, on doit payer un abonnement au PlayStation Plus pour pouvoir jouer en ligne, c’est un petit peu agaçant de ne pas pouvoir jouer en coopération à notre guise. Sans compter les innombrables retours au menu principal causés par des déconnexions sauvages des serveurs, en pleine découverte en solo.

Sans vouloir spoiler qui que ce soit dans cette critique, nous n’évoquerons que très brièvement les boss du jeu, sans jamais mentionner directement leur nom. Ceux-ci sont pléthores et certains sont vraiment spectaculaires, superbes et marquants ! Par contre, il y en a deux sur lesquels nous aimerions exprimer une petite pointe de déception. L’un, qui est clairement le boss le plus époustouflant de tout le jeu, mais qui est malheureusement optionnel et ‘secret’. Pourquoi diable n’est-il pas obligatoire dans le cheminement principal du jeu, alors que pratiquement toute la communication d’Elden Ring était axée autour de lui ?! Et le second, c’est l’ultime affrontement du jeu, qui fut d’abord génial, puis s’est avéré décevant en dernière phase. Pourquoi affrontons-nous cette créature dénuée de charisme, à la place de celle que nous attendions tous ? Quel dommage…

Il nous reste à espérer que les extensions à venir rattraperont ceci en revenant sur des entités ou personnages que nous n’aurions pas encore pu affronter ou que nous n’aurions que trop peu croisés au cours de notre aventure.

Malgré une addiction très prononcée à ce jeu qui nous donnait constamment envie d’évoluer, la répétitivité des donjons, les combats de boss recyclés à l’identique, certaines zones bien bâtardes et quelques combos-gagnants plutôt rageants ont parfois eu raison de nos nerfs et ternit notre appréciation du jeu. Pour autant, c’est bel et bien un coup de cœur que nous avons eu pour Elden Ring, qui est indéniablement un très grand jeu.

Un très grand jeu, pour sûr !

Plutôt accessible et pas le plus retors des jeux de From Software, Elden Ring est à la portée de tous les joueurs, si tant est qu’ils aient du temps à investir sur le jeu, l’envie d’y jouer bien sûr, un minimum de patience et surtout de la persévérance.

Le royaume d’Entre-Terre est un excellent monde ouvert qui pousse à l’exploration, récompense la bravoure et la curiosité, mais qui régale aussi les plus observateurs et contemplatifs d’entre nous. C’est une puissante claque visuelle qui ravira les friands de panoramas et de screenshots, malgré l’absence de mode photo !

S’il nous fallait décrire brièvement Elden Ring, il conviendrait de dire qu’il s’agit d’un périple envoûtant et très addictif, dans un magnifique univers, qui garde le joueur subjugué tout du long.

Et bien qu’on ne soit encore qu’aux prémices de l’année, Elden Ring a mis la barre très haut pour les prochains mondes ouverts à venir. Sans vouloir faire de pronostics prématurés, nous pensons qu’il peut d’ores et déjà prétendre à une place dans la liste des nominés pour les futurs Gwak Awards. Ce sera très certainement l’un des meilleurs jeux de l’année 2022, si ce n’est même notre GOTY ! Mais il semblerait qu’il n’ait tout de même pas réussi à détrôner notre From Software favori.

Merci pour ce chef d’œuvre.

Obtention de la copie : Edition Collector (Ps5) achetée par la rédactrice.

Editeur/Développeur : Bandai Namco / From Software

Machines : PC, Xbox One, Xbox Series, Ps4 et Ps5.

Prix conseillé : Le prix fort de 69,99€ est justifié, car le jeu les vaut largement, surtout au vu de sa durée de vie et de sa rejouabilité. Toutefois, si vous pouvez l’obtenir à une quarantaine d’euros, foncez les yeux fermés !

Metacritic : Metascore de 96/100 (version Ps5).

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Trish

Je suis Trish, L'impératrice des Rêveurs. J'aime manier les mots, l'arc et le fusil à pompe. Je taille mes critiques d'un revers de plume affûtée. D'un tempérament brut, je tire à balles réelles.

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